Tempête de larmes

Ce matin l’editorial de notre rédacteur en chef Nagib Aoun a fait pleurer plus d’un lecteur. Ci-dessous un extrait de cet édito tiré d’une histoire vraie:« Je quitte avec ma famille et je ne remettrai plus jamais les pieds au Liban. Je vous appelle de l’aéroport pour vous dire que j’en ai assez et des politiciens et du pays qui m’a vu naître. Vous ne me connaissez pas, mais mon dernier appel, je l’ai voulu pour L’Orient-Le Jour. Vous avez l’obligation d’en faire état, de le lancer à la figure de ceux qui ne m’ont laissé d’autre choix que celui de refaire ma vie dans des contrées plus paisibles. »
Un temps de pause, un long soupir et puis ces mots terribles : « Je ne quitte pas la mort dans l’âme, ce stade je l’ai dépassé. Mon départ est une libération, une fuite de l’enfer dans lequel les criminels, les pseudopoliticiens nous ont plongés. Je ne m’exile pas, je revis, j’assure enfin un avenir pour mes enfants. »
Il a raccroché sans me laisser le temps de réagir. Mais qu’aurais-je pu lui dire ? Quels mensonges aurais-je pu lui débiter pour le rassurer ?
Les journaux, le jour même, affichaient, unanimes, un avis de tempête.

Nayla De Freige

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