L’Orient - Le Jour est insubmersible

Visiblement, L’Orient se lit aussi dans l’eau, en Jordanie, et ce qui est sûr, c’est qu’à la Mer Morte, il ne risque pas de couler…


100_0005_2(Photo : John Saad)

Paroles de silencieux

Sans mot dire, voici un court reportage , assez vieux, mais qui a le mérite (ou le défaut!) d’être toujours d’actualité…

Fin de règne d’un *libérateur*

Y a-t-il une vie après la Maison-Blanche ? Histoire de ne pas désespérer ses homologues à travers le monde, et aussi ses successeurs, il faut espérer que oui pour l’homme qui s’apprête à boucler ses huit années dans le saint des saints américain. La semaine écoulée, George W. Bush s’est embarqué à bord d’Air Force One pour une tournée d’adieux de huit jours qui l’a conduit, après le sommet de l’Union européenne, auprès des principaux dirigeants d’un continent qui n’a jamais eu pour lui, loin de là, les yeux de Chimène mais qui a dû sacrifier à un pèlerinage devenu rituel, accompli cette fois avec un évident sentiment d’ennui que n’ont pu dissiper les effusions et les rappels d’un combat mené contre les ennemis communs. C’est ainsi que Nicolas Sarkozy a eu droit à un rappel du Plan Marshall et de la lutte pour la libération des peuples jadis opprimés par le communisme, le tout assorti bien évidemment de la nécessité de rétablir la démocratie en Irak et d’interdire à l’Iran toute velléité d’enrichir son uranium.
Comme on est entre gens de bonne compagnie, nul ne s’est avisé de rappeler à l’hôte illustre que depuis l’époque héroïque du petit père des peuples, le marxisme-léninisme a changé de visage et que, toutes proportions gardées, Guantanamo vaut bien le goulag. Pas plus qu’il n’a été fait allusion, dans les envolées consacrées au terrorisme, à la malencontreuse équipée irakienne qui aura permis, le nouvel Aladdin aidant, à ce malfaisant géant d’Oussama Ben Laden de sortir de la lampe. Le président n’a pas eu droit non plus, ainsi qu’il aurait pu l’appréhender, à l’évocation d’un rapport datant de décembre dernier, dans lequel les seize agences de renseignements de son pays se disaient certaines que la République islamique avait arrêté dès 2003 son programme nucléaire à des fins militaires, conclusions qui rejoignaient, reconnaissait alors Mohammad el-Baradei, celles de l’Agence internationale de l’énergie atomique.
À aucun moment on ne s’est fait faute, par contre, de relever de part et d’autre qu’entre le Vieux et le Nouveau Continent, la question irakienne constitue le plus grand diviseur commun depuis la décision de Ronald Reagan, prise en 1984, de déployer en Europe des missiles de moyenne portée. Mais il faut croire que la lassitude a fini par gagner les esprits, comme le prouvent les chiffres de la rue : en novembre 2003, ils étaient près de 100 000 à manifester leur opposition à l’engagement sur les rives de l’Euphrate, à l’occasion de la visite du président américain ; dimanche, les organisateurs avaient peiné à réunir 2 500 personnes à Parliament Square, à 300 mètres du 10 Downing Street où Gordon Brown jouait les Amphitryon.
Mais qu’importe l’opinion des autres, fussent-ils ses concitoyens, face à l’idée que l’on se fait soi-même de son action ! Qui donc vient de dire sur France 3 : « L’histoire se rappellera de moi comme d’un homme d’action qui a su prendre des décisions, quand cela s’avérait nécessaire, pour défendre son pays et affronter les problèmes du monde ? » George W. en personne. Et qui disait, l’autre jour à Ljubljana (Slovénie) : « Il laissera un héritage incroyable, même s’il n’est pas très populaire pour l’instant. Nous avons débarrassé deux nations, soit 50 millions de personnes, de régimes brutaux. Je pense que cela est très important ? » Laura Bush en personne.
Surtout que l’on n’aille pas croire que l’intéressé va en rester là. À son agenda figurent encore : des accords de paix entre Palestiniens et Israéliens – il y croit, malgré le pessimisme ambiant –, le rétablissement de la sécurité en Afghanistan et en Irak, le règlement de la vieille querelle nucléaire avec la Corée du Nord et l’Iran, un accord international sur le réchauffement planétaire incluant ces deux grands pollueurs que sont la Chine et l’Inde, sans parler de l’explosive envolée des cours du pétrole qui plombe les économies mondiales, et ce maudit dollar faible qui empoisonne le climat des rapports avec les principaux alliés de l’Amérique.
C’est bien vrai que « le président ne réfléchit pas à l’avenir », confiait l’autre jour aux journalistes sa porte-parole Dana Perino. L’ennui c’est que presque tous les dirigeants qu’il vient de rencontrer se sont chargés de le lui rappeler. Le pape lui a offert quatre volumes sur la basilique de Saint-Pierre en lui disant : « Peut-être auriez-vous le temps de les lire. » Silvio Berlusconi lui a proposé une chaire dans une université qui reste à créer. Et le chef de l’État français a parlé du legs de la famille Bush, s’attirant cette observation un rien sarcastique de l’intéressé : « Vous venez de rédiger ma nécrologie politique. Je vous rappelle que ma retraite est pour janvier. D’ici là, il y a encore pas mal à faire. »
Tremblez, peuples opprimés…

Christian Merville

Les yeux de Samir Kassir

Trois ans après l’assassinat du journaliste et historien Samir Kassir, la fondation qui porte son nom a lancé hier un centre de défense des libertés médiatiques et culturelles dans les quatre pays arabes du Levant, baptisé « SK Eyes ». En choisissant de ne pas se limiter au Liban et d’inclure la Syrie, la Palestine et la Jordanie dans son champ de compétence, la fondation s’est donné pour objectif de poursuivre la lutte menée par Samir Kassir, contre ce qu’il a appelé, dans l’un de ses ouvrages, Le malheur arabe, contre ce malheur d’appartenir à une région écrasée par le despotisme et les occupations, à une identité écrasée entre la décadence culturelle et la montée de l’intégrisme, contre les malheurs générés par un obscurantisme d’un autre âge dont les premières victimes sont ceux-là mêmes dont le métier est de faire toute la lumière sur tout ce qui se passe sur la scène publique, à savoir les journalistes.
En effet, « depuis ce 6 mai où des journalistes ont été exécutés à Damas et à Beyrouth, le sang des hommes libres a systématiquement coulé avec l’encre de la liberté », comme l’a affirmé le romancier et journaliste Élias Khoury, lors de la cérémonie de lancement de « SK Eyes ». « Notre but est de mettre en place un pôle culturel arabe indépendant, dont l’unique but est de défendre la liberté de la presse et de la culture. Les causes de la liberté et de la libération, et la résistance contre les dictatures et les occupations sont les piliers de notre métier de journalistes. Car tel est le devoir que nous impose la bataille de l’instauration de la citoyenneté et de la justice dans le Levant », a ajouté le responsable de la Fondation Samir Kassir.
Pour ce faire, « SK Eyes » s’est choisi pour mission de protéger les gens de plume, du clavier ou de la caméra « contre toute forme de répression et de leur fournir la protection et l’assistance légale en cas de besoin ». L’organisme devrait également œuvrer pour la réforme des lois encadrant le fonctionnement des médias, la promotion de la déontologie du métier de journaliste et la défense de toutes les libertés culturelles face à la censure et à la répression. Et si « SK Eyes » a décidé de baser son quartier général dans la capitale libanaise, « c’est parce que le sort de Beyrouth a voulu qu’elle soit le miroir du malheur arabe, cette ville qui a combattu les occupations, a lutté et continuera de lutter pour s’ériger en miroir de la liberté », selon les mots d’Élias Khoury.

Pas de liberté sans
payer le prix
Et c’est dans ce Beyrouth que plusieurs journalistes et intellectuels libanais et arabes, ainsi que nombre de personnes intéressées par la défense des libertés publiques se sont réunis pour prendre part au lancement de « SK Eyes » qui s’est déroulé à l’hôtel Crowne Plaza, dans cette même rue Hamra sur laquelle avait déferlé une vague du « malheur arabe », en mai dernier.
Après avoir inauguré la cérémonie, Élias Khoury a donné lecture de l’allocution du rédacteur en chef de notre confrère an-Nahar, Ghassan Tuéni, qui n’a pas pu prendre part à l’événement pour des raisons de santé. « La création d’un centre de défense de la liberté de la presse à Beyrouth est un nouveau signe d’espoir, a affirmé le député de la capitale. Nous qui avons choisi ce métier savons qu’il n’a qu’un seul secret : la liberté. L’on ne crée pas la liberté sans payer de prix parfois exorbitant. Et la vie pourrait devenir un prix à payer pour préserver la vie. Mais Beyrouth nous a appris à défendre la liberté par la liberté. »
Pour sa part, la présidente de la Fondation pour l’avenir, Nabila Hamza, dont l’institution contribue au financement de « SK Eyes », a rappelé que « les libertés dans notre région vivent une crise sévère, les pays arabes ayant obtenu les dernières positions dans le classement établi par Reporters sans frontières ». « La répression de la créativité prend différentes formes dans nos pays où les intellectuels font régulièrement face au terrorisme », a-t-elle poursuivi.
À l’issue de la cérémonie, une table ronde s’est tenue sous le thème de « La censure et la liberté de la création culturelle et artistique ». Alors que le metteur en scène libanais Roger Assaf s’est penché sur les relations entre l’oppression et la liberté d’expression, le romancier égyptien Sonaallah Ibrahim, le poète et journaliste syrien Faraj Bayrakdar, et le cinéaste syrien Oussama Mohammad ont, tour à tour, égrené des épisodes de leur confrontation avec la censure, disséquant ses mécanismes absurdes non sans l’humour fin et presque revanchard de l’intellectuel que l’on a voulu bâillonner, mais en vain.
Soulignons que trois autres tables rondes seront organisées aujourd’hui, à l’hôtel Crowne Plaza, entre 10 heures 30 et 18 heures 30, sur les thèmes des « Blogs et les médias alternatifs », les « Mécanismes de défense des libertés de la presse » et « L’industrie de l’opinion publique et les chaînes satellitaires arabes ».

M. H.

What’s wrong, Lebanon?

” Nahwa al Muwatiniya is pleased to invite you to an open dialogue session moderated by:
Nizar Ghanem, Civil society activist and trainer on conflict resolution techniques.

Title : What’s wrong, Lebanon?

You will be the speakers of this session! Come and express your fears and opinions on what you think is the problem in Lebanon, and suggest solutions that are crucial and necessary for the well-being of the country.

Join us in this lively and informal debate!

Monday, June 16
7:30pm - 9:30pm
961 Beer - Gemmayzé
Gemmayzé, next to Doculand
Contact Info :
03 56 24 78