L'Orient - Le Jour du tac au tac

« Tragedy in south Lebanon », récits d’une américaine au sud | 10 juin 2008

Signature et rencontre demain, le 11 juin, avec l’auteur de 16h00 à 18h00, à la Librairie Antoine à Hamra.

À la place des dédicaces habituelles, Tragedy In South Lebanon s’ouvre sur une citation de Nelson Mandela. « Nous œuvrerons ensemble pour soutenir le courage là où sévit la peur ; pour appuyer l’entente là où règnent les conflits et pour inspirer l’espoir là où domine le désespoir. » Cela en dit long sur les intentions de l’auteure qui, loin de tout pathos, de sentimentalisme ou de parti pris, raconte la guerre israélo-Hezbollah de 2006 dans cet ouvrage qui vient de paraître aux éditions Scarletta Press.
Auteure de A Beirut Heart (lauréat du Book USA’s Autobiography Award 2006) et de Israeli and Palestinien Voices (lauréat du Book USA’s History/Politics Award), Cathy Sultan est une native de Washington DC. Elle est venue s’installer à Beyrouth en 1969 avec son mari libanais et ses deux enfants. Elle a raconté son combat au quotidien lors de la guerre civile qui a éclaté en 1975 dans A Beirut Heart. Elle réside à présent à Eau Claire, dans le Wisconsin. Elle est membre du comité exécutif de la National Peace Foundation, où elle est en charge des projets relatifs au Moyen-Orient.
C’est un sentiment de responsabilité, presque de culpabilité, qui aurait poussé l’Américaine à exposer le drame de juillet 2006.
« Traité comme un paria, le peuple du Liban-Sud a également été abandonné par le gouvernement durant soixante ans. Pendant les quatorze ans que j’ai vécus au Liban, j’étais aussi coupable que les Libanais dans mes sentiments envers le Sud. Je n’ose pas admettre combien de fois, durant la guerre, je commentais lorsqu’un événement tragique touchait cette région du pays, “qui s’en soucie ? Le Sud n’est pas notre problème”. Mais il l’était, bien entendu. Alors aujourd’hui, en racontant leur histoire, j’ai l’opportunité d’aider le peuple que j’ai trahi il y a tant d’années. »
Cathy Sultan ne se contente pas de publier son témoignage. Elle participe volontiers à des émissions de radio, de télévision et des séminaires dans des universités, en tant qu’experte du Moyen-Orient, autour des thèmes de la paix et de la citoyenneté.
Cet ouvrage, que l’on pourrait qualifier de grand reportage commenté, est d’ailleurs rédigé de manière à être accessible au lecteur lambda. L’auteure a pris le soin d’y inclure un glossaire qui contient des définitions de termes utilisés, mais aussi des biographies de personnages et des détails sur les lieux qui reviennent au fil des 136 pages du récit. Également en annexe, une section chronologique présentant les événements marquants de l’histoire du Liban « des temps anciens jusqu’à nos jours ».
Au-delà des bilans, des chiffres et des catastrophes humaines et humanitaires engendrées par la « guerre des 33 jours », Cathy Sultan souhaite transmettre un message crucial à travers cet ouvrage. « Si l’on adopte un point de vue macrocosmique, à quel moment un gouvernement est-il rendu responsable pour les conséquences de ses actions ? demande-t-elle. Si un pays comme Israël peut se permettre de détruire des régions entières du Liban, de déplacer 30 % de sa population, de bombarder des civils, de planter des millions de mines antipersonnel, de causer un désastre écologique et de ne souffrir aucune conséquence de ses actions, le monde entier n’est-il pas en danger en raison de tels actes ? »
Alors, le désespoir ou le chaos pour l’avenir de cette région chaude ? se demande Cathy Sultan dans son dernier chapitre. En parlant au nom des membres de la communauté internationale, elle précise et rappelle à ses concitoyens que « nous participons activement et vigoureusement dans le processus des gouvernements. Nous votons et rendons nos leaders responsables de leurs actions.  Nous avons tout à gagner, écrit-elle. La paix, après tout, est bien la pierre angulaire de la stabilité. »

Maya GHANDOUR HERT

 


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