L'Orient - Le Jour du tac au tac

French Kiss

Youpla boum, tagada tsoin tsoin ! C’est champagne au palais des Mouhajirine. Les Assad trinquent. Et sourient – toutes dents dehors. Hop : une coupe à la gloire de Nicolas Sarkozy. Hop : une coupe parce que c’est bien fait pour Jacques Chirac. Hop : encore une coupe parce que les Américains l’ont dans l’os. Hop : une coupe à la (mauvaise) santé des chefs du 14 Mars – en espérant que si les voitures piégées ne les ont pas achevés, le spectacle de Riad Naassan-Agha, reçu rue de Valois, le fasse. Et avant l’apoplexie finale des 13 et 14 juillet. Hop : une cinquième coupe enfin pour cette vaillante Christine Albanel qui n’a décidément peur de rien, encore moins de ses infinies tracasseries internes, et qui reçoit à bras ouverts, certes sur injonction présidentielle, son charmant homologue syrien. Qui n’en demandait sans doute pas tant. Youpla boum, tagada tsoin tsoin ! Nicolas Sarkozy l’avait promis : une nouvelle page est peut-être en train de s’ouvrir dans les relations entre la France et la Syrie, Riad Naassan-Agha l’a confirmé : Ma visite vise à tourner la page, a-t-il bombé le torse, se félicitant même du climat de compréhension entre Paris et Damas.
Les Assad trinquent, les Assad sont pompette, et, comme à chaque fois où la Camorra du Barada exulte, les Libanais ont mal au ventre. Et à la tête. Une sale gueule de bois.
Mais la France est là. N’est-ce pas ? Absolument.
Elle l’a été ; même lorsqu’en Mitterrandie, elle avait pudiquement fermé les yeux sur le cadeau fait par Bush père à Assad père : le Liban ; peut-être jamais plus comme/autant qu’en Chiraquie. Elle l’est : toute la Sarkozie ou presque qui débarque à Beyrouth pour saluer l’élection d’un chef de l’État, voilà un nouveau, un inédit, un gargantuesque chapitre de l’histoire des deux pays qui s’écrit, superbe, à l’encre indélébile. Elle le sera – c’est immuable : la France, souvent tigresse avec ses petits, le devient bien davantage lorsqu’il s’agit, bizarrement, du vilain petit canard, qui n’a ni pétrole ni idées (pour l’instant) ni minerais ni rien du tout. Et si, par accident ou par suprême nécessité, elle griffe, elle égratigne, ou qu’elle est la raison de ces insupportables gueules de bois, la voilà qui, immédiatement, par amour ou par pitié, c’est atavique, soigne, guérit, cicatrise ; à la fois (petite) blessure et (super)baume.
La France est là. Et elle ne vendra jamais son petit. N’est-ce pas ? Absolument.
Sauf que la France a ses intérêts. Il est d’ailleurs on ne peut plus légitime qu’elle leur donne toute la prorité. C’est une loi de la nature : pour nourrir ses petits, pour s’en occuper, la mamma doit d’abord penser à elle. À la bonne heure : l’excellent Jean-David Lévitte, longtemps hyperimbibé de chiraquismes, va se retrouver bientôt à Damas. Sur injonction de son président, soucieux certes de déchiraquiser, d’imprimer sa patte, mais mû aussi, surtout, par plusieurs impératifs. Un : s’occuper des dividendes économiques polymorphes que la France peut tirer en terres syriennes. Deux : réussir, localement et régionalement, là où les autres, les autres grands, ont échoué. Trois : affirmer cette constante française qui devrait bien un jour, tout le monde l’espère, finir par triompher : la France est l’amie de tous les Libanais. Quatre : nuancer son hyperatlantisme, revendiqué et affiché pourtant, cette californisation de sa conception de l’hexagone comme de lui-même, en prenant de jolies et gaulliennes distances avec l’objet de toutes les fascinations. Réaction d’ailleurs immédiate : la voilà qui sursaute et qui demande des explications, cette Amérique qui ne manque décidément ni de culot ni de capacité à l’amnésie sélective, et qui restera la dernière à pouvoir jouer les duchesses offensées et les maîtresses d’école ; elle que n’ont toujours motivée que ses purs et propres intérêts. La très grande majorité des Libanais, chats extrêmement échaudés, sont loin, bien loin, du moindre anti-américanisme primaire. Bien au contraire. Ravis de cette convergence quasi totale depuis 2004, ravis de voir la première puissance planétaire se faire l’écho de leurs obsessions (la Syrie est une dictature, la Syrie a vampirisé le Liban, la Syrie est au moins coresponsable, de près comme de loin, des assassinats de Libanais, la Syrie a un besoin pathologique de revanche sur son Petit Poucet de voisin), ces Libanais ont juste besoin de beaucoup de temps et, surtout, de beaucoup de preuves, de concret, pour réussir à se débarrasser de leur très compréhensible paranoïa.
Bref. La politique sarkozyste à l’égard de la Syrie est cohérente : facilitez l’élection d’un président de large consensus au Liban et on commencera à penser à votre démarginalisation. Elle peut paraître hypernaïve, elle l’est sans doute : comment peut-on transformer le chacal en agneau ; elle n’en reste pas moins particulièrement pragmatique. Plus encore : Napoléon B. étant un génie, impossible n’étant pas français, rien ne dit que le Liban ne pourrait pas être l’un des principaux bénéficiaires de cette (timide) reprise de tango entre Paris et Damas – si seulement Nicolas Sarkozy invitait de temps en temps son monumental prédécesseur à déjeuner…
À condition, naturellement, de répondre à quelques questions. L’instinct maternel est-il soluble dans l’opportunisme économico-géopolitique ? La circonspection, la prudence, la retenue résistent-elles toujours aux appels, souvent sonnants et trébuchants, des sirènes orientales ? Faut-il toujours casser de très précieux œufs pour faire une omelette dont on ne garantirait même pas la réussite ? En un mot : y a-t-il des limites à la realpolitik encore une fois naturelle et légitime – si oui, lesquelles ? Et si non, alors, par Toutatis, pourquoi ?

Ziyad MAKHOUL


Delenda Carthago

Si « la guerre, c’est une chose bien trop grave pour la confier à des militaires », qu’en est-il donc de la politique ? Car c’est un sacré pavé israélien dans une mare déjà passablement fangeuse que vient de lancer Shaul Mofaz en annonçant une opération d’envergure contre l’Iran, une nation dont le président menace à tout moment de rayer l’État hébreu de la carte du Proche-Orient. Le numéro deux de l’actuel gouvernement et ministre des Transports, relève, faussement inquiet, un analyste, est responsable du dialogue stratégique avec les États-Unis. Ses déclarations, survenant au lendemain de la visite à Washington d’Ehud Olmert, pourraient signifier que George W. Bush a donné son feu vert à une attaque, d’autant plus que celle-ci ne pourrait être déclenchée sans un appui US. Ce qui octroierait à l’intéressé – initiative lourde de conséquences – le douteux privilège d’avoir révélé le secret militaire le mieux gardé de l’année.
La presse, elle, s’en donne à cœur joie depuis quarante-huit heures. Extraits : « Débiter des bêtises sur “comment on va vous tomber dessus et vous détruire”, cela ne fait ni chaud ni froid aux responsables de la République islamique, mais ça rend les marchés pétroliers complètement fous. Et qui en profite ? Téhéran justement » (un bond de onze dollars par baril, en une matinée, on avouera que nul n’a jamais fait mieux). « Tout d’un coup, c’est Mahmoud Ahmadinejad qui passe pour une victime et son pays qui se retrouve sur la défensive face à des juifs qui auraient perdu la boule. » Les titres des journaux sont encore plus impitoyables : « Grande gueule », « Boomerang » ou encore, terriblement explicite : « Booooo ! ». Cinglant, l’éditorialiste du Haaretz, Zvi Bar’el, rappelle: « N’est-ce pas ce même général qui s’est souvenu, un peu tard, que rester au Liban ne servait à rien, que la guerre contre les Palestiniens n’était pas exactement une promenade de santé ? Et puis, n’est-ce pas que sa stratégie face à l’intifada 2, en tant que ministre de la Défense et chef d’état-major, pourrait difficilement être qualifiée d’impressionnante ? »
Arrêtons là l’énumération des griefs des médias et voyons plutôt ce qui, soudain, a poussé cet homme à jouer des coudes pour se propulser aux premières lignes, loin devant ses collègues boutefeux tout comme lui. Membre d’un cabinet qui bat dangereusement de l’aile depuis que son chef se débat dans les sables mouvants de scandales à répétition, il se révèle tel qu’en lui-même il n’a jamais cessé d’être : un politicien aux dents longues, prêt à tout pour coiffer au poteau cette Tzipi Livni que tous les sondages donnent comme la future Golda Meir. Et pour cela, il lui faut jouer la carte de l’extrémisme, ce qui lui permettrait, croit-il, de réussir un beau doublé : prendre la tête d’un Kadima orphelin de père depuis le coma d’Ariel Sharon et dans le même temps prendre à son propre jeu un Benjamin Netanyahu qui adore jouer les ogres croqueurs de marmots palestiniens. Maintenant que le transfuge du Likoud – qu’il a quitté en 2005 – a défini le prochain objectif de l’armée, il lui reste à batailler pour concrétiser sa menace, une tâche extrêmement délicate, sinon impossible. Les stratèges en chambre, pour leur part, ont déjà défini les difficultés. Il y a d’abord l’éloignement qui pose moult problèmes dont celui du ravitaillement. Il y a ensuite le rôle qui échoirait aux USA, sans lesquels la mission ne pourra pas être menée à bien. Il y a aussi, sur le terrain, le nombre (près d’une centaine), de même que la dispersion des sites nucléaires et le fait qu’ils sont profondément enfouis sous terre. Enfin, et c’est là le plus inquiétant pour l’assaillant, la riposte pourrait se révéler foudroyante, s’effectuer en plus d’une direction, enfin prendre la forme d’actions terroristes à la portée incalculable. Sans parler d’une nouvelle envolée du pétrole vers des cimes inégalées à ce jour.
On n’en est pas là, pas encore heureusement. Car Tel-Aviv s’est fait une spécialité, ces derniers temps, de multiplier les pains sur la planche sous forme de projets inachevés : un processus de paix avec les Palestiniens en souffrance, des négociations à venir avec la Syrie pour peu que les Turcs continuent de vouloir jouer les messieurs bons offices, une incursion à Gaza tous les matins donnée pour imminente, un encombrant dossier nucléaire avec Téhéran… C’est dire combien a pu être appréciée la balourdise de l’ex-général, lequel n’est motivé, a affirmé sa porte-parole Talia Somech, que par ses quarante années d’engagement en faveur de la sécurité nationale.
Avec un homme aussi soucieux de leur tranquillité, les Israéliens n’ont qu’à bien se tenir.

« Il faut détruire Carthage », ainsi que se plaisait à répéter Caton l’Ancien à la fin de chacun de ses discours.

Christian Merville


« Tragedy in south Lebanon », récits d’une américaine au sud

Signature et rencontre demain, le 11 juin, avec l’auteur de 16h00 à 18h00, à la Librairie Antoine à Hamra.

À la place des dédicaces habituelles, Tragedy In South Lebanon s’ouvre sur une citation de Nelson Mandela. « Nous œuvrerons ensemble pour soutenir le courage là où sévit la peur ; pour appuyer l’entente là où règnent les conflits et pour inspirer l’espoir là où domine le désespoir. » Cela en dit long sur les intentions de l’auteure qui, loin de tout pathos, de sentimentalisme ou de parti pris, raconte la guerre israélo-Hezbollah de 2006 dans cet ouvrage qui vient de paraître aux éditions Scarletta Press.
Auteure de A Beirut Heart (lauréat du Book USA’s Autobiography Award 2006) et de Israeli and Palestinien Voices (lauréat du Book USA’s History/Politics Award), Cathy Sultan est une native de Washington DC. Elle est venue s’installer à Beyrouth en 1969 avec son mari libanais et ses deux enfants. Elle a raconté son combat au quotidien lors de la guerre civile qui a éclaté en 1975 dans A Beirut Heart. Elle réside à présent à Eau Claire, dans le Wisconsin. Elle est membre du comité exécutif de la National Peace Foundation, où elle est en charge des projets relatifs au Moyen-Orient.
C’est un sentiment de responsabilité, presque de culpabilité, qui aurait poussé l’Américaine à exposer le drame de juillet 2006.
« Traité comme un paria, le peuple du Liban-Sud a également été abandonné par le gouvernement durant soixante ans. Pendant les quatorze ans que j’ai vécus au Liban, j’étais aussi coupable que les Libanais dans mes sentiments envers le Sud. Je n’ose pas admettre combien de fois, durant la guerre, je commentais lorsqu’un événement tragique touchait cette région du pays, “qui s’en soucie ? Le Sud n’est pas notre problème”. Mais il l’était, bien entendu. Alors aujourd’hui, en racontant leur histoire, j’ai l’opportunité d’aider le peuple que j’ai trahi il y a tant d’années. »
Cathy Sultan ne se contente pas de publier son témoignage. Elle participe volontiers à des émissions de radio, de télévision et des séminaires dans des universités, en tant qu’experte du Moyen-Orient, autour des thèmes de la paix et de la citoyenneté.
Cet ouvrage, que l’on pourrait qualifier de grand reportage commenté, est d’ailleurs rédigé de manière à être accessible au lecteur lambda. L’auteure a pris le soin d’y inclure un glossaire qui contient des définitions de termes utilisés, mais aussi des biographies de personnages et des détails sur les lieux qui reviennent au fil des 136 pages du récit. Également en annexe, une section chronologique présentant les événements marquants de l’histoire du Liban « des temps anciens jusqu’à nos jours ».
Au-delà des bilans, des chiffres et des catastrophes humaines et humanitaires engendrées par la « guerre des 33 jours », Cathy Sultan souhaite transmettre un message crucial à travers cet ouvrage. « Si l’on adopte un point de vue macrocosmique, à quel moment un gouvernement est-il rendu responsable pour les conséquences de ses actions ? demande-t-elle. Si un pays comme Israël peut se permettre de détruire des régions entières du Liban, de déplacer 30 % de sa population, de bombarder des civils, de planter des millions de mines antipersonnel, de causer un désastre écologique et de ne souffrir aucune conséquence de ses actions, le monde entier n’est-il pas en danger en raison de tels actes ? »
Alors, le désespoir ou le chaos pour l’avenir de cette région chaude ? se demande Cathy Sultan dans son dernier chapitre. En parlant au nom des membres de la communauté internationale, elle précise et rappelle à ses concitoyens que « nous participons activement et vigoureusement dans le processus des gouvernements. Nous votons et rendons nos leaders responsables de leurs actions.  Nous avons tout à gagner, écrit-elle. La paix, après tout, est bien la pierre angulaire de la stabilité. »

Maya GHANDOUR HERT

 


A collective apathy that will continue to kill: My introduction to war and why Lebanon may never prosper – Part 1

J’ai reçu ce message il y a quelques jours. Il s’agit des remarques d’un jeune d’origine libanaise sur les récents événements et les quelques réflexions qu’il a tiré de son expérience au Liban :

 » I had prepared to write a piece on the strategic outlook of Lebanon’s near future. One that tried to make sense of the confusion that has clouded the recent events in Lebanon. My parents grew up in this country and I returned here a year ago to pursue a professional career, hoping that I would better understand my attachment to this unpredictable state. I spent the previous year before my arrival in Beirut writing a thesis about Lebanon, studying the need to incorporate Hezbollah and Shia aspirations more appropriately into the confessional system. I argued the need to implement reforms, such as a new electoral system and a cooperative plan for security to gradually move away from our intransigent sectarian framework. To me, it seemed easy. A gradual shift was needed away from confessional power-sharing toward a system where elected representatives would also be responsible to a national electorate rather than just a sectarian enclave. This would help diminish the monopoly of power by zu’ama and be a constructive first step toward creating a collective Lebanese national identity – something that is largely absent beyond rhetoric, and in fact is a necessary precondition of our system of governance, known more widely as consociationalism.
My research made me believe I was aptly prepared to assess current events and contribute to the progress of this country. Accordingly, I actively engaged in civil society and began work at a reform institution, but I was still uncertain of the effectiveness of my efforts. The shameless developments of the past week, however, have forced me to question all that I wanted to believe to be true. The dangers of Lebanon’s subversive political paradigm and its inevitable invitation of conflict have been brought to the fore, only to be eclipsed by a state of insouciance, as euphoria has swept through the country upon news of a peace accord and the election of a new president. This concomitant interplay of these improbable opposites has proven to me what I was too afraid to admit: Lebanon suffers from a clear case of a ‘memory for forgetfulness.’
With the memory of the war seemingly forgotten, the Lebanese population and our political leaders yet again will almost fail to learn from price of conflict, taking the dangerous risk of leaving the question of sectarianism open-ended and without a clear solution. My personal testimony through the recent conflict shows that although tensions have been pacified by the illusive edification of the Doha Agreement, sectarian identity will supersede Lebanese statehood so long as the population remain vacillate toward calls for change.
The emotional rollercoaster that has accompanied the recent events has turned me away from the foggy strategic forecast that I had started to write and that many academics have engaged in the last week, each one contradicting the other in an imbroglio of analysis without any concrete steps forward. It disposed of the blind idealist in me, which would normally not justify acts of violence and appose the use of arms. It purposely leaves out the editorial that has framed blame in a context of power politics between the United State’s regional objectives and the nascent Shi’a crescent. And it definitely doesn’t pretend to understand, nor compare, the government’s sudden decision to alter the status quo against Hezbollah and actively confront its mounting influence against the violent actions of the Party of God and their sanctified call to maintain their weapons. My story does, however, invoke a question that everyone in this country must ask themselves if there is to be a future of coexistence.
What are you willing to do to prevent the next round of conflict? (…) « 


Rêves d’hier, réalités d’aujourd’hui

Hier, je rêvais de voyager en Occident, surtout en France et aux Etats-Unis. Aujourd’hui, exilé dans ces deux pays, je ne demande qu’à retourner chez moi, dans mon pauvre Liban écartelé, sanguinolent.
Hier, jeune officier de marine, je rêvais d’une bataille navale héroïque, dans laquelle je mourrais à la fleur de l’âge, commandant une vedette minuscule qui exploserait sous les obus, entrainant dans la mort une frégate israélienne toute puissante. Aujourd’hui, mon acte héroïque serait qualifié d’acte fanatique et terroriste.
Hier, les résistants contre l’occupant étaient qualifiés de héros et de combattants de la liberté, aujourd’hui ce sont les occupants qui le sont, tandis que les résistants sont traités de suicidaires fanatiques et terroristes, tandis que les Etats qui les appuient sont classes dans « l’Axe du Mal ».
Hier, les états puissants qui attaquaient les plus faibles, pour les dominer et leur voler leurs ressources, étaient qualifiés de fascistes et d’impérialistes. Aujourd’hui, on dit qu’ils sont modérés et défendent la démocratie, les libertés et les droits de l’homme.
Hier, les Etats-Unis étaient représentés par les figures des Présidents Lincoln, Roosevelt et Eisenhower, aujourd’hui, ils le sont par George W. Bush.
Hier, le GI américain avait le visage des héros de Guadalcanal; aujourd’hui il a celui des geôlières de la prison de Abou Ghraib.
Hier, la France avait les visages de Jeanne d’Arc, Louis XIV et Charles de Gaulle ; aujourd’hui, elle a celui du President Sarkozy. Hier, Marianne portait le bonnet phrygien, aujourd’hui que porterait-elle si elle était représentée par Madame Bruni ?
Hier, le Liban était un pays message où les différentes communautés religieuses se partageaient le pouvoir et coopéraient pour en faire un pays florissant et pacifique, exemple et modèle lumineux de ce que peut faire l’amitié, le respect et la coopération entre humains de différentes origines, ethnies et religions ; aujourd’hui, c’est un pays blessé à mort et tiraillé de tous cotés tandis que ses infirmiers occidentaux et arabes lui instillent du poison au lieu de médicaments.
Hier, le monde, surtout américain, rêvait de la fin de l’Histoire, ère de bonheur gouvernée par la seule et tendre superpuissance américaine ; aujourd’hui, la fin du monde vient de commencer, déclenchée par les appétits de puissance, d’argent et de pétrole d’une administration américaine aveuglée par son idéologie, ses instincts et ses vices, tandis que les autres pays industriels suivent comme des moutons de Panurge, se préparant à tomber tous dans l’abime.

Roger AKL

(courrier d’un internaute)


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