L'Orient - Le Jour du tac au tac

L’opinion d’un israelien sur l’offensive sur Gaza

6 janvier 2009
Un commentaire

« Only » a person killed here or there, some badly injured. I myself often had a bad conscience when I encouraged that policy of restraint. Here I was living in safe Jerusalem abandoning the population in the south to their fate for years. These were not settlers in the occupied areas with whom I have little sympathy. These were Israelis like me.

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Le pourpre et le noir

Il faut bien se l’avouer, les Libanais ne sont pas exactement des anges. Pas bien méchants, certes, et même bourrés de qualités humaines, mais turbulents et même anarchiques, rebelles à toute autorité, réfractaires à tout règlement, incroyablement dénués d’esprit civique. Et c’est sans doute parce qu’ils ne sont pas des anges que les Libanais doivent aussi souvent mettre à contribution leurs intermédiaires avec le Ciel – les chefs religieux – pour qu’ils s’emploient à réparer tout le gâchis causé par les responsables politiques.

À plus d’un titre, le sommet spirituel d’hier aura revêtu valeur de symbole. Car, d’une part, et qu’on le veuille ou non, que l’on soit indécrottablement traditionaliste ou adepte de la laïcité, tout ce chatoiement de pourpre et de noir qui se pressait au palais présidentiel de Baabda, tout ce déploiement de turbans et de soutanes sont la fidèle illustration du tissu sociodémographique absolument unique qui est celui de notre pays : un tissu à la trame aussi fragile que serrée et où le moindre accroc peut tourner à la déchirure.

Que d’autre part, et pour la première fois dans les annales, ce sommet religieux ait eu pour cadre le palais de Baabda est le bienvenu, et même deux fois plutôt qu’une. Toute occasion est bonne en effet de repeupler ce site tombé en décrépitude, de redonner lustre et consistance à cette présidence de la République dévolue à une communauté maronite passablement marginalisée ces dernières années. Et qui observe avec inquiétude l’exode massif des chrétiens d’Irak, la lente mais régulière émigration de ceux de Jérusalem et Bethléem, les tracasseries visant régulièrement les coptes d’Égypte : toutes tragédies qui ont probablement pesé sur la décision historique du pape Benoît XVI de faire célébrer sur son sol natal, et non en terre vaticane, la béatification, dimanche dernier, du père Yaacoub.

On n’oubliera pas pour autant, bien sûr, que la présidence n’acquiert sa pleine envergure que lorsqu’elle se pose – et s’affirme – en rassembleur des citoyens, en garant effectif de la Constitution. Qu’en serait-il alors quand ladite et heureuse occasion est celle d’une réunion de sages prêchant la mesure et la concorde ? Et quand ces saintes recommandations s’adressent non pas tant à vous et à moi qu’aux chefs politiques appelés à engager bientôt, en ces mêmes lieux, un laborieux dialogue national ?

C’est dire que pour le meilleur comme pour le pire, on serait bien en peine, dans notre pays, de rendre équitablement leur dû à César et à Dieu. Le meilleur, on en a eu un beau spécimen hier, avec ce communiqué islamo-chrétien répudiant la violence politique et appelant toutes les forces vives à soutenir le programme de réconciliation et de redressement du président Michel Sleiman. Des exemples plus frappants encore émaillent le passé récent : l’imam Moussa Sadr, le mufti Hassan Khaled et cheikh Sobhi Saleh ont payé de leur vie leur attachement à une certaine idée du Liban ; et ce n’est pas sans d’énormes risques personnels que le patriarche Nasrallah Sfeir a brandi l’étendard de la révolte contre l’occupation syrienne.

Le pire, en revanche, c’est quand on prétend enfermer dans une même entité Dieu et César, et que c’est l’autorité religieuse qui prétend absorber la politique. C’est quand le chef d’une organisation armée se trouve être aussi une haute instance religieuse et que ladite organisation se mue, sous prétexte de résistance à Israël, en inacceptable outil de conquête politique. C’est enfin quand, à la dépendance financière et en armements, vient s’ajouter le plus grave, c’est-à-dire l’obédience, tant politique qu’idéologique, à une théocratie étrangère soucieuse seulement d’exporter aux quatre vents sa révolution islamique et qui ne tient aucun compte de la texture particulière du Liban.

Le fusil ne sied pas au langage de paix et de concorde domestiques. À preuve qu’il n’y avait aucun fusil caché dans les replis des longues robes réunies hier à Baabda.

Issa Goraieb


Pour empêcher la montée aux extrêmes (extraits)

Carl von Clausewitz. Le général prussien est surtout connu pour son essai intitulé De la guerre, mais l’anthropologue René Girard lui a consacré, l’an dernier, un ouvrage extraordinaire intitulé Achever Clausewitz.
Selon Clausewitz, la guerre est un acte de violence et il n’y a pas de limite à la manifestation de la violence. Chacun des adversaires fait la loi de l’autre, d’où résulte une action réciproque qui, en tant que concept, doit aller aux extrêmes. La guerre est donc un duel, où chacun doit imiter l’autre dans la course aux extrêmes pour pouvoir établir un contrepoids à l’adversaire et tracer des limites.
René Girard reprend l’analyse de Clausewitz en développant cet aspect de course mimétique entre les deux adversaires, génératrice de la violence. Dans cette perspective, l’anthropologue français n’est pas sans entrevoir une accélération de l’histoire, due à cette volonté d’imitation à l’échelle globale qui génère la violence et n’est pas sans prévoir la fin du monde. Pour lui, Clausewitz a eu une intuition en écrivant son ouvrage à la suite des guerres napoléoniennes. Il a entrevu la fin du monde. Et, à son tour, Girard n’est pas sans mettre en garde contre la montée de la violence à tous les niveaux, que l’homme pourrait pourtant empêcher, qu’il choisit pourtant de générer, et qui pourrait précipiter la fin de l’humanité. Entre les discours eschatologiques d’Ahmadinejad sur le retour prochain du Mahdi dans le cadre de l’Armaguédon, les correspondances invisibles de George W. Bush avec Dieu, et le réchauffement climatique, on ne peut pas dire qu’il se trompe particulièrement.
Selon Clausewitz, le concept de guerre n’apparaît pas proprement dans l’attaque, car celle-ci n’a pas tant pour objectif absolu le combat que la prise de possession de quelque chose. La guerre n’apparaît qu’avec la défense, car celle-ci a pour objectif direct le combat, parer et combattre n’étant qu’une seule et même chose. C’est donc le défenseur qui a seul le pouvoir de transformer l’attaque en guerre, à travers la riposte et son ampleur. C’est lui aussi qui provoque la montée aux extrêmes en répondant à la violence par la violence, dans le cadre de cet effet mimétique mis en relief par René Girard et qui engendre le chaos.
(…) selon Clausewitz, l’action réciproque provoque et diffère à la fois la montée aux extrêmes. C’est-à-dire que la réaction du défenseur peut, par imitation de l’attaquant, entraîner les deux parties dans un cycle ininterrompu de violence, provoquer cette violence. Tout comme elle peut différer cette violence, si le défenseur décide de ne pas contre-attaquer, de réfléchir, d’étudier la situation, de temporiser.
(…) Or c’est justement ce point qui nous intéresse en particulier. Le Hezbollah est ce qu’il est : un parti guerrier, une société martiale embrigadée en fonction de slogans sectaires par un parti théocratique. Contre-attaquer, dans la logique du défenseur, et dans l’esprit mimétique, signifie faire comme le Hezbollah, devenir l’égal du Hezbollah. Dans la pratique, cela veut dire entrer dans une course effrénée, diabolique et destructrice pour acquérir le plus d’armes possible, non pas pour la dissuasion, mais pour les combats de rue, et mobiliser les masses sur des bases confessionnelles, à travers une surenchère islamiste.
Or le Courant du futur ne peut pas se laisser entraîner dans cette aventure. Il ne peut pas se lancer dans une course au mimétisme avec le Hezbollah. Il ne doit pas le faire. Entrer dans cette logique de visites des mosquées tous les vendredis ne lui permettra pas de remporter sa bataille. Au contraire, cela ne fera que précipiter le pays dans une guerre, et, au final, provoquer la destruction totale du pays du Cèdre. Si le Courant du futur choisit cette option, il ne tardera d’ailleurs pas à perdre sa fonction latente, celle qui en fait encore un espace de modération au sein de la rue sunnite. Le résultat ultime sera donc le renforcement des islamistes salafistes benladenistes, qui ne rêvent que d’une seule chose : transformer le Liban en une terre de jihad à l’image de l’ensemble du monde arabe. Le mimétisme aura donc triomphé, les salafistes du Hezb el-Tahrir et autres pourront contre-attaquer et venger l’humiliation ressentie par la rue sunnite à la prise de Beyrouth, mais il sera trop tard. Tout le monde aura perdu.
La seule véritable victoire que Saad Hariri peut remporter en tant que défenseur, face au Hezbollah, c’est d’empêcher la guerre déclenchée par le parti d’obédience iranienne, en endiguant la poussée salafiste. Comment ? Le seul moyen est de renouer avec une politique sociale et économique, loin de la mobilisation sectaire qui ne peut qu’accélérer sa propre chute. Ces visites dans les mosquées de la capitale, tous les vendredis, peuvent servir dans un premier temps, il est vrai, à absorber le choc ressenti par la rue. Mais, à long terme, le processus ne peut que s’avérer contre-productif. Il lui faudra donc renouer avec ce qui a fait la spécificité du courant haririste. Il devra, à l’image de son père, construire des écoles dans le cadre d’une infrastructure sociale, aider des jeunes à étudier en distribuant des bourses ; non pas dans un but clientéliste, mais pour combattre la tumeur extrémiste qui risque de métastaser au sein de sa communauté.
Ce n’est qu’ainsi que le Courant du futur, s’il le veut réellement, peut triompher et prendre sa revanche sur le Hezbollah : par un projet de paix et de développement centré sur la culture des institutions et de l’État, loin de la violence et des armes, en étant aux antipodes de ce qu’est le parti chiite, en menant une guerre pour triompher de la guerre, en empêchant la montée aux extrêmes.
Mais pour cela, Saad Hariri doit d’abord commencer à triompher de lui-même.

Michel Hajji-Georgiou


French Kiss

Youpla boum, tagada tsoin tsoin ! C’est champagne au palais des Mouhajirine. Les Assad trinquent. Et sourient – toutes dents dehors. Hop : une coupe à la gloire de Nicolas Sarkozy. Hop : une coupe parce que c’est bien fait pour Jacques Chirac. Hop : encore une coupe parce que les Américains l’ont dans l’os. Hop : une coupe à la (mauvaise) santé des chefs du 14 Mars – en espérant que si les voitures piégées ne les ont pas achevés, le spectacle de Riad Naassan-Agha, reçu rue de Valois, le fasse. Et avant l’apoplexie finale des 13 et 14 juillet. Hop : une cinquième coupe enfin pour cette vaillante Christine Albanel qui n’a décidément peur de rien, encore moins de ses infinies tracasseries internes, et qui reçoit à bras ouverts, certes sur injonction présidentielle, son charmant homologue syrien. Qui n’en demandait sans doute pas tant. Youpla boum, tagada tsoin tsoin ! Nicolas Sarkozy l’avait promis : une nouvelle page est peut-être en train de s’ouvrir dans les relations entre la France et la Syrie, Riad Naassan-Agha l’a confirmé : Ma visite vise à tourner la page, a-t-il bombé le torse, se félicitant même du climat de compréhension entre Paris et Damas.
Les Assad trinquent, les Assad sont pompette, et, comme à chaque fois où la Camorra du Barada exulte, les Libanais ont mal au ventre. Et à la tête. Une sale gueule de bois.
Mais la France est là. N’est-ce pas ? Absolument.
Elle l’a été ; même lorsqu’en Mitterrandie, elle avait pudiquement fermé les yeux sur le cadeau fait par Bush père à Assad père : le Liban ; peut-être jamais plus comme/autant qu’en Chiraquie. Elle l’est : toute la Sarkozie ou presque qui débarque à Beyrouth pour saluer l’élection d’un chef de l’État, voilà un nouveau, un inédit, un gargantuesque chapitre de l’histoire des deux pays qui s’écrit, superbe, à l’encre indélébile. Elle le sera – c’est immuable : la France, souvent tigresse avec ses petits, le devient bien davantage lorsqu’il s’agit, bizarrement, du vilain petit canard, qui n’a ni pétrole ni idées (pour l’instant) ni minerais ni rien du tout. Et si, par accident ou par suprême nécessité, elle griffe, elle égratigne, ou qu’elle est la raison de ces insupportables gueules de bois, la voilà qui, immédiatement, par amour ou par pitié, c’est atavique, soigne, guérit, cicatrise ; à la fois (petite) blessure et (super)baume.
La France est là. Et elle ne vendra jamais son petit. N’est-ce pas ? Absolument.
Sauf que la France a ses intérêts. Il est d’ailleurs on ne peut plus légitime qu’elle leur donne toute la prorité. C’est une loi de la nature : pour nourrir ses petits, pour s’en occuper, la mamma doit d’abord penser à elle. À la bonne heure : l’excellent Jean-David Lévitte, longtemps hyperimbibé de chiraquismes, va se retrouver bientôt à Damas. Sur injonction de son président, soucieux certes de déchiraquiser, d’imprimer sa patte, mais mû aussi, surtout, par plusieurs impératifs. Un : s’occuper des dividendes économiques polymorphes que la France peut tirer en terres syriennes. Deux : réussir, localement et régionalement, là où les autres, les autres grands, ont échoué. Trois : affirmer cette constante française qui devrait bien un jour, tout le monde l’espère, finir par triompher : la France est l’amie de tous les Libanais. Quatre : nuancer son hyperatlantisme, revendiqué et affiché pourtant, cette californisation de sa conception de l’hexagone comme de lui-même, en prenant de jolies et gaulliennes distances avec l’objet de toutes les fascinations. Réaction d’ailleurs immédiate : la voilà qui sursaute et qui demande des explications, cette Amérique qui ne manque décidément ni de culot ni de capacité à l’amnésie sélective, et qui restera la dernière à pouvoir jouer les duchesses offensées et les maîtresses d’école ; elle que n’ont toujours motivée que ses purs et propres intérêts. La très grande majorité des Libanais, chats extrêmement échaudés, sont loin, bien loin, du moindre anti-américanisme primaire. Bien au contraire. Ravis de cette convergence quasi totale depuis 2004, ravis de voir la première puissance planétaire se faire l’écho de leurs obsessions (la Syrie est une dictature, la Syrie a vampirisé le Liban, la Syrie est au moins coresponsable, de près comme de loin, des assassinats de Libanais, la Syrie a un besoin pathologique de revanche sur son Petit Poucet de voisin), ces Libanais ont juste besoin de beaucoup de temps et, surtout, de beaucoup de preuves, de concret, pour réussir à se débarrasser de leur très compréhensible paranoïa.
Bref. La politique sarkozyste à l’égard de la Syrie est cohérente : facilitez l’élection d’un président de large consensus au Liban et on commencera à penser à votre démarginalisation. Elle peut paraître hypernaïve, elle l’est sans doute : comment peut-on transformer le chacal en agneau ; elle n’en reste pas moins particulièrement pragmatique. Plus encore : Napoléon B. étant un génie, impossible n’étant pas français, rien ne dit que le Liban ne pourrait pas être l’un des principaux bénéficiaires de cette (timide) reprise de tango entre Paris et Damas – si seulement Nicolas Sarkozy invitait de temps en temps son monumental prédécesseur à déjeuner…
À condition, naturellement, de répondre à quelques questions. L’instinct maternel est-il soluble dans l’opportunisme économico-géopolitique ? La circonspection, la prudence, la retenue résistent-elles toujours aux appels, souvent sonnants et trébuchants, des sirènes orientales ? Faut-il toujours casser de très précieux œufs pour faire une omelette dont on ne garantirait même pas la réussite ? En un mot : y a-t-il des limites à la realpolitik encore une fois naturelle et légitime – si oui, lesquelles ? Et si non, alors, par Toutatis, pourquoi ?

Ziyad MAKHOUL


Delenda Carthago

Si « la guerre, c’est une chose bien trop grave pour la confier à des militaires », qu’en est-il donc de la politique ? Car c’est un sacré pavé israélien dans une mare déjà passablement fangeuse que vient de lancer Shaul Mofaz en annonçant une opération d’envergure contre l’Iran, une nation dont le président menace à tout moment de rayer l’État hébreu de la carte du Proche-Orient. Le numéro deux de l’actuel gouvernement et ministre des Transports, relève, faussement inquiet, un analyste, est responsable du dialogue stratégique avec les États-Unis. Ses déclarations, survenant au lendemain de la visite à Washington d’Ehud Olmert, pourraient signifier que George W. Bush a donné son feu vert à une attaque, d’autant plus que celle-ci ne pourrait être déclenchée sans un appui US. Ce qui octroierait à l’intéressé – initiative lourde de conséquences – le douteux privilège d’avoir révélé le secret militaire le mieux gardé de l’année.
La presse, elle, s’en donne à cœur joie depuis quarante-huit heures. Extraits : « Débiter des bêtises sur “comment on va vous tomber dessus et vous détruire”, cela ne fait ni chaud ni froid aux responsables de la République islamique, mais ça rend les marchés pétroliers complètement fous. Et qui en profite ? Téhéran justement » (un bond de onze dollars par baril, en une matinée, on avouera que nul n’a jamais fait mieux). « Tout d’un coup, c’est Mahmoud Ahmadinejad qui passe pour une victime et son pays qui se retrouve sur la défensive face à des juifs qui auraient perdu la boule. » Les titres des journaux sont encore plus impitoyables : « Grande gueule », « Boomerang » ou encore, terriblement explicite : « Booooo ! ». Cinglant, l’éditorialiste du Haaretz, Zvi Bar’el, rappelle: « N’est-ce pas ce même général qui s’est souvenu, un peu tard, que rester au Liban ne servait à rien, que la guerre contre les Palestiniens n’était pas exactement une promenade de santé ? Et puis, n’est-ce pas que sa stratégie face à l’intifada 2, en tant que ministre de la Défense et chef d’état-major, pourrait difficilement être qualifiée d’impressionnante ? »
Arrêtons là l’énumération des griefs des médias et voyons plutôt ce qui, soudain, a poussé cet homme à jouer des coudes pour se propulser aux premières lignes, loin devant ses collègues boutefeux tout comme lui. Membre d’un cabinet qui bat dangereusement de l’aile depuis que son chef se débat dans les sables mouvants de scandales à répétition, il se révèle tel qu’en lui-même il n’a jamais cessé d’être : un politicien aux dents longues, prêt à tout pour coiffer au poteau cette Tzipi Livni que tous les sondages donnent comme la future Golda Meir. Et pour cela, il lui faut jouer la carte de l’extrémisme, ce qui lui permettrait, croit-il, de réussir un beau doublé : prendre la tête d’un Kadima orphelin de père depuis le coma d’Ariel Sharon et dans le même temps prendre à son propre jeu un Benjamin Netanyahu qui adore jouer les ogres croqueurs de marmots palestiniens. Maintenant que le transfuge du Likoud – qu’il a quitté en 2005 – a défini le prochain objectif de l’armée, il lui reste à batailler pour concrétiser sa menace, une tâche extrêmement délicate, sinon impossible. Les stratèges en chambre, pour leur part, ont déjà défini les difficultés. Il y a d’abord l’éloignement qui pose moult problèmes dont celui du ravitaillement. Il y a ensuite le rôle qui échoirait aux USA, sans lesquels la mission ne pourra pas être menée à bien. Il y a aussi, sur le terrain, le nombre (près d’une centaine), de même que la dispersion des sites nucléaires et le fait qu’ils sont profondément enfouis sous terre. Enfin, et c’est là le plus inquiétant pour l’assaillant, la riposte pourrait se révéler foudroyante, s’effectuer en plus d’une direction, enfin prendre la forme d’actions terroristes à la portée incalculable. Sans parler d’une nouvelle envolée du pétrole vers des cimes inégalées à ce jour.
On n’en est pas là, pas encore heureusement. Car Tel-Aviv s’est fait une spécialité, ces derniers temps, de multiplier les pains sur la planche sous forme de projets inachevés : un processus de paix avec les Palestiniens en souffrance, des négociations à venir avec la Syrie pour peu que les Turcs continuent de vouloir jouer les messieurs bons offices, une incursion à Gaza tous les matins donnée pour imminente, un encombrant dossier nucléaire avec Téhéran… C’est dire combien a pu être appréciée la balourdise de l’ex-général, lequel n’est motivé, a affirmé sa porte-parole Talia Somech, que par ses quarante années d’engagement en faveur de la sécurité nationale.
Avec un homme aussi soucieux de leur tranquillité, les Israéliens n’ont qu’à bien se tenir.

« Il faut détruire Carthage », ainsi que se plaisait à répéter Caton l’Ancien à la fin de chacun de ses discours.

Christian Merville


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